Le programme HAARP (High Frequency Active Auroral Research Program), que l'on pourrait traduire en français par "programme de recherche sur les hautes fréquences actives de l'ionosphère et les aurores polaires", a pour objectif d'étudier les phénomènes complexes qui régissent l'ionosphère (particulièrement le mécanisme des aurores) et d'étudier l'impact de ces phénomènes sur les communications terrestres.
Mais avant toute chose, une présentation de l'ionosphère s'avère nécessaire…
Présentation de l'ionosphère :
Le soleil émet des rayons gamma, des rayons X et des rayons ultraviolets. Ces rayons cosmiques, en heurtant les couches extérieures de l'atmosphère terrestre, sont absorbés par des atomes, mais ce processus libère des électrons. C'est pourquoi il y a un flux constant d'électrons à cette altitude et les atomes sont transformés en ions positifs (cations). Ce processus donne son nom à l'ionosphère. Cette ionisation se déroule à des altitudes entre 50 et 1000 km au-dessus de la surface de la Terre, mais c'est entre 80 et 400 km que la densité des ions de charge positive et des électrons de charge négative est la plus élevée.
Poussées par le vent solaire en direction de la Terre, des particules, chargées d'électricité, suivent les lignes du champ magnétique de la Terre. En suivant ces lignes de moindre résistance, les particules à haute énergie sont canalisées vers les pôles magnétiques de la Terre, se faufilent dans un courant qui descend vers les pôles, appelé ""électrojet", qui les jette sur Terre. Parfois, l'électrojet se rétrécit en un mince filet, mais à d'autres moment, une éruption solaire lui fournit des flots de particules à haute énergie et le ciel s'illumine de voiles dansants et mouvants : c'est le déploiement de l'aurore polaire. Dans l'hémisphère nord, elle est appelée aurore boréale, et dans l'hémisphère sud, aurore australe.
Présentation du HAARP :
Le projet HAARP est basé à Gakona, en Alaska, sur un site qui possède 180 antennes. Chaque antenne émet des ondes radioélectriques de fréquences comprises entre 3 Hz et 30 MHz (du domaine des ELF, extrêmement basses fréquences, aux HF, hautes fréquences) à une puissance de 20 000 watts. Ces antennes mesurent 15 mètres de haut et ont une forme de croix (le terme technique d’appellation est dipôle croisé).
Plus la surface couverte par les antennes est grande, plus le réchauffeur ionosphérique aura de puissance.
A la fin des années 1980, Bernard J. Eastlund, physicien américain spécialisé dans le domaine de l'électromagnétisme, fut engagé comme conseiller par la compagnie pétrolière ARCO (Atlantic Richfield Oil Compagny). Il devait faire des suggestions d'utilisations pour leur réserve de gaz d'environ 850 milliards de mètres cubes, sur le versant nord de l'Alaska. Ainsi Eastlund déposa plusieurs brevets afin de créer un dispositif qui utilisait directement l'énergie présente au lieu de la transporter par gazoduc, ce qui coûtait bien trop cher. Ces brevets furent cédés à une filiale d'ARCO : APTI (Arco Power Technologies Inc.). En 1994, cette filiale fut rachetée par le constructeur militaire E-Systems qui put ainsi s'approprier les brevets Eastlund. Cette même année, E-Systems obtint le contrat pour la construction du plus grand réchauffeur ionosphérique au monde : le HAARP.
Ce programme est intégralement financé par l'armée de l'air et la marine américaines.
Le premier brevet déposé par Eastlund (n°4.686.605) le 11 août 1987 est intitulé "Méthode et dispositif pour altérer une région dans l’atmosphère, l'ionosphère ou la magnétosphère de la Terre". Il nous renseigne sur les véritables buts poursuivis par l'armée et sur ses activités :
"La capacité d'utiliser et de transmettre une diversité d'ondes électromagnétiques, de fréquences variables, sur de vastes régions de la Terre et de les modifier à volonté et de manière aléatoire, offre la possibilité unique d'interférer, simultanément, avec tous les modes de communications, que ce soit sur terre, sur mer ou dans les airs. […] Cette découverte permet d'introduire des quantités d'énergie sans précédent dans l'atmosphère terrestre au-dessus d'endroits stratégiques et de maintenir le niveau d'injection de la puissance. […] D'autre part, en connaissant les fréquences des différents rayons électromagnétiques employés, il est non seulement possible d'utiliser cette invention pour interférer avec les communications de tiers, mais aussi de tirer parti d'un ou de plusieurs rayons pour créer son propre réseau de communications, même si les communications sont coupées dans le reste du monde. En d'autres termes, ce qui est utilisé pour brouiller le réseau de communication des uns peut, simultanément, être employé comme système de communication par un initié à cette technologie.
[…] des aéronefs et des missiles peuvent être détournés, endommagés ou détruits […] Et de vastes régions de l’atmosphère peuvent être fortuitement soulevées très haut : les missiles rencontrent alors des forces de résistance imprévues, ce qui conduira à leur détournement ou même leur destruction. Le climat pourra également être modifié en altérant, par exemple, le régime des vents dans la haute atmosphère, par la création d'un ou plusieurs nuages de particules atmosphériques qui agiront comme une lentille ou un instrument de focalisation."
Lors de sa création, le réchauffeur ionosphérique HAARP était le plus puissant au monde. Cela s'explique du fait qu'il projetait l'énergie depuis une large base (le champ d'antennes) et la focalisait sur un seul point dans l'ionosphère.
A l'inverse, les autres sites (américain à Arecibo, européen à Tromsø et russes ; voir image ci-dessous) envoyaient l'énergie d'une manière contraire, tel un cône dont la pointe était du côté du transmetteur et la base dans l'ionosphère. En d'autres termes, l'invention d'Eastlund concentrait l'énergie dans l'ionosphère, alors que les autres la projetaient sur une région beaucoup plus large.
Avec cette invention, on pouvait atteindre une concentration d'un watt par centimètre cube, alors que les autres ne pouvaient transmettre qu'un millionième de watts.
Emplacements des différents réchauffeurs ionosphériques dans le monde :
Technique de focalisation de l'énergie émise par HAARP (parue dans les documents officiels) :
Les effets du réchauffement sont les plus évident à 200 km d'altitude, dans ce qu'on appelle la partie basse de l'ionosphère. C'est celle qui se laisse chauffer le plus facilement. A cet endroit, l'énergie générée par HAARP est si puissante qu'elle peut "créer des trous dans l'ionosphère et des "lentilles" artificielles."(citation extraite d'un rapport de l'Union Européenne de 1999 évoquant le HAARP)
Le réchauffeur peut également projeter un faisceau à l'oblique, afin d'altérer l'ionosphère jusqu'à plus de 1000 km du point d'émission. Il peut également créer un AIM (miroir ionosphérique artificiel, voir Effets sur le Climat) qui permet de dévier les ondes radio et d'agir sur une plus large surface.
Schéma de fonctionnement global du HAARP :
Selon les documents, la phase 1 du projet (entre 1994-1996) a donné une puissance radiante effective (puissance "d'arrivée" des ondes radio) de 1 gigawatt.
La seconde phase du projet (dont le prix s'élève à 175 millions de dollars) doit permettre d'obtenir une puissance radiante effective de 4.7 à 10 gigawatts. C'est ce qui est prévu dans le contrat de construction.
Or, les détracteurs du HAARP s'apercevront que le système rayonne une puissance de seulement 3.6 MW, ce qui contredit les données ci-dessus. Cependant, il ne faut pas oublier qu'il y a une différence entre la puissance rayonnée (puissance de "départ") et la puissance radiante effective (ERP). Cette différence est gagnée avec la puissance de l'antenne et, dans le cas du HAARP, elle représente un facteur d'environ 1 000. Cela veut dire que pour atteindre un rendement de 1 GW, il suffit d'une puissance d'entrée de 1 MW, ce que les générateurs sur le site sont à même de produire.
Autrement dit :
1 mégawatt x 1000 = 1 gigawatt = 1 milliard de watts d'ERP.
Ainsi, la puissance actuelle ERP du HAARP est d'environ 3.6 GW. Selon le contrat, il n'a donc pas atteint sa capacité maximale de 10 GW.
Utilisations du HAARP :
L'un des autres brevets à l'origine du HAARP est une "Méthode pour produire une enceinte de particules relativistes à une certaine altitude au-dessus de la Terre" (brevet américain n° 5.038.664). D'après ce brevet, cette enceinte peut être utilisée comme bouclier antimissile. Les particules relativistes (qui approchent la vitesse de la lumière) de haute énergie, contenues dans cette enceinte, se heurtent à tout missile entrant en libérant de l'énergie qui endommage ou détruit le missile.
En décembre 2009, un étrange phénomène s'est produit en Norvège au-dessus de Tromsø, près des réchauffeurs européens et russes. Les habitants ont pu voir une spirale lumineuse tourner dans le ciel avant de disparaître en quelques secondes. L'armée russe a révélé le lendemain qu'il s'agissait d'un essai raté de tir de missile. La façon dont est aspiré et disparaît le missile, comme par enchantement, pourrait, éventuellement, être due à l'utilisation d'une technologie nouvelle, comme celle utilisée par les réchauffeurs ionosphériques.
http://www.youtube.com/watch?v=u66UcLBZ-2A
Dans une autre de ses applications, le HAARP utilise des fréquences d'ondes radio extrêmement basses (ELF)*. Selon un article du Anchorage Daily News, les chercheurs de l'UAF (Université de l'Alaska) ont prévu d'utiliser les ondes radio du HAARP lorsqu'elles rebondissent vers la Terre. Ils espèrent pouvoir capter les ondes radio après qu'elles ont touché le sol, avec une petite antenne fixée sur un hélicoptère. Ils pourraient alors utiliser ces ondes pour localiser des gisements miniers et même du pétrole…
* d'après "HAARP, Joint Program Plans and Activities", Laboratoire Géophysique de l'Armée de l'Air, Bureau des Recherches Navales, 1990.
On peut donc en conclure que :
- le HAARP peut couper les communications sur une région extrêmement large, alors que les systèmes de communication, contrôlés par l'opérateur, continuent de fonctionner ;
- le HAARP permet la tomographie de la croûte terrestre et l'exploration géophysique : localisation des gisements de minerais, pétrole, gaz, sur une zone géographique très étendue ;
- le HAARP peut servir à détecter et à détruire des missiles entrants à basse altitude.
Conséquences :
Pour plusieurs chercheurs, les ondes radio de puissances très élevées et jamais égalées utilisées par HAARP (de l'ordre du gigawatt) et leur focalisation dans l'ionosphère auraient des effets dramatiques pour l'atmosphère de notre planète. Néanmoins, toute hypothèse relève de la spéculation car la puissance ERP actuelle du HAARP (3.6 GW) n'a même pas atteint la moitié des prévisions de la seconde phase (10 GW). Personne ne peut donc prédire quelles seront les réelles conséquences sur l'ionosphère.
Selon David Yarrow, chercheur spécialisé dans l'électronique, "HAARP ne fera pas de trous dans l'ionosphère. Ce serait une grave sous-estimation de l'effet que peut provoquer le faisceau du HAARP, dont la puissance sera de quelques gigawatts. La rotation de la Terre se fait en fonction des minces enveloppes électriques de la membrane multicouche de l'ionosphère, qui protège la surface de la Terre, en absorbant les radiations solaires intenses, ainsi que les tempêtes de particules chargées des vents solaires. Comme la Terre tourne autour de son axe, le HAARP - si son rayonnement dure plus de quelques minutes - va lacérer l'ionosphère comme un couteau micro-ondes. Cela ne produit pas un trou, mais une longue déchirure, une incision."
(Lettre de David Yarrow à Gar Smith, Earth Island Journal, 18 août 1995).
Enfin, dans son rapport de 1999 sur le HAARP, le Parlement européen disait :
"Les trous dans l'ionosphère causés par les ondes radio puissantes qui y sont envoyées constituent un autre effet très grave d'HAARP. L'ionosphère est notre bouclier contre le rayonnement cosmique."





